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Histoire Haspres
Histoire de la ville d Haspres, son patrimoine, sa mairie aux allures de petit Kremlin, sa prévôté, son clocher et son église, l'ancienne prison ou corps de garde de l'armée russe en 1815, son moulin, ses sociétés locales actuelles et passées.

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Le lieu d'implantation du camp Romain

 
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Adm59198
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MessagePosté le: Ven 20 Mar - 07:29 (2009)    Sujet du message: Le lieu d'implantation du camp Romain Répondre en citant

Continuation de l’analyse de Monsieur Bigotte sur la bataille de la Sabis :

suggestions de réponses à quelques questions



Il est donc entendu, selon le récit de César (cf. forum Histoire d’Haspres > Bataille de la Sabis > Point de départ des légions romaines), que les événements qui se déroulent entre le départ d’Amiens et l’issue du combat, et lisibles dans le texte original de façon absolument linéaire, peuvent être reconstitués selon le schéma suivant, apte à mettre en lumière certains paramètres majeurs, telle la question des haies nerviennes, ou celle de la position du camp romain (quelques ellipses ont été suppléées à l’aide de la logique du récit) :

1.  ellipse de César, mais conjecture fondée : après la soumission sans conditions des Ambiens, César et ses légions installent leur QG à Samarobriva, Amiens sur la Somme (Guerre des Gaules, II-15) ,

2.  là, César mène une enquête sur le caractère et les mœurs des Nerviens, peuple voisin des Ambiens (II-15),

3.  ellipse de César, mais conjecture fondée : puis les légions se mettent en route en empruntant la chaussée Amiens-Bavay qui traverse l’Ambianie,

4.  elles marchent pendant trois jours en direction de la Nervie (II-16),

5.  ellipse de César, mais conjecture fondée : elles traversent le territoire ambien et une petite portion au sud de celui des Atrébates. Elles font étapes à Albert, Bapaume et enfin à Cambrai. Elles se trouvent alors dans la vallée de l’Escaut, possible zone frontalière à l’ouest de la Nervie,

6.  au camp d’étape de Cambrai, César apprend par les prisonniers, qu’il se trouve à 15 km de la rivière Sabis (II-16),

7.  il a connaissance aussi de la coalition des quatre peuples belges qui sont cantonnés derrière la Sabis, où ils attendent les Romains (II-16),

8.  il envoie des éclaireurs et des centurions repérer un site propice pour l’établissement du camp (II-17). Remarque : César, à la fois personnage et narrateur, est ici le sujet des énoncés concernant des faits dont il est directement l’auteur : il mène l’enquête sur les Nerviens, il interroge les prisonniers et en reçoit des renseignements utiles, il envoie en avant des éclaireurs et des centurions,

9.  la nuit, alors qu’il est encore à Cambrai (ou dans les environs), des espions belges vont informer les Nerviens de la disposition des légions en marche et leur suggère un plan d’attaque (II-17),

10.  ellipse de César, mais conjecture fondée : les éclaireurs et les centurions envoyés en avant pour choisir l’emplacement du camp reviennent à Cambrai et font part à César de l’embarras qu’ils ont éprouvé en traversant les haies épineuses couvrant le futur champ de bataille qu’ils viennent de choisir. César relate ce moyen de protection particulier et les difficultés qu’il engendre (II-17). Remarque 1 : dans ces deux dernières séquences (les espions, les haies) César s’efface comme sujet de l’énoncé, il rapporte les informations que lui transmettent ses soldats et ses lieutenants : comme on le sut plus tard…, Notre armée étant embarrassée dans sa marche (II-17). Remarque 2 : les haies nerviennes évoquées ici représentent pour les légionnaires un élément opposant qui, comme nous l’avons vu, entravera leur action sur le champ de bataille et nuira à la conjonction des légions. Au contraire, la forêt dans laquelle se cachent les Gaulois jouera pour ceux-ci le rôle d’élément auxiliaire qui les mettra à l’abri des attaques et permettra le rassemblement de leurs troupes (augmentant leur assurance par la solidité de leur formation, II-19),

11.  les éclaireurs et centurions font également à César un rapport détaillé et précis des lieux, avant que les légions arrivent sur le site de la future bataille (II-18 ). Remarque : ici non plus César n’endosse le statut d’acteur principal ; il cite les paroles de ses éclaireurs, au style indirect libre : la configuration du terrain que les nôtres avaient choisi …, on ne voyait que quelques postes de cavaliers (II-18 ),

12.  ellipse de César, mais conjecture fondée : à hauteur de Cambrai, les légions traversent l’Escaut, puis avancent en direction du futur camp (II-19). Remarque : la narration donne à nouveau l’initiative à César pour des événements dont il est le protagoniste : il intègre sa place précise dans la récente disposition des légions, et rappelle les résolutions qu’il y fait appliquer : César suivait sa cavalerie à peu de distance…, il avait réglé sa marche…, il avait pris les dispositions qui lui étaient habituelles (II-19),

13.  la cavalerie, qui est en tête de l’armée romaine, arrive la première sur le champ de bataille, avec les frondeurs et les archers, et commence à engager les hostilités (II-19). Remarque : César n’entre pas encore en jeu, il mentionne l’action de ses soldats, décrite selon le point de vue d’un témoin direct, mais non d’un acteur ou d’un héros : Notre cavalerie passa la rivière…, les nôtres n’osaient pas les poursuivre…, les six légions entreprirent de fortifier le camp…, aux prises avec nous (II-19),

14.  les Gaulois déboulent de la forêt et se précipitent sur les cavaliers qui sont battus. Puis ils marchent sur les légions occupées à la construction du camp romain (II-19). Remarque : César ne se manifeste toujours pas dans la narration, il n’intervient pas encore directement, il ne prendra le commandement des opérations qu’aux paragraphes suivants, bien que de façon négative ou restrictive : César avait tout à faire en même temps (…), mais l’ennemi qui approchait rendait impossible une grande partie de ces mesures (II-20), César se borna à donner les ordres indispensables (II-21).

15. au cours de la bataille, le rôle de César comme protagoniste des événements qu’il raconte est très variable. A l’aile gauche, il harangue brièvement les soldats et donne le signal du combat (II-21). Au centre, il constate seulement l’avancée des troupes romaines (II-23). A l’aile droite, il prend un bouclier et encourage les soldats, fait desserrer les rangs et s’adosser les deux légions (II-25, II-26). Dans la phase finale de la bataille (II-26, II-27), César s’absente délibérément de la narration, pour céder la place à deux autres acteurs importants : Labiénus avec sa légion, et les deux légions d’arrière-garde. C’est à eux qu’appartient sans conteste l’avantage de la victoire.


En somme, César est plus le narrateur omniprésent du récit, que le personnage irrégulièrement actif des événements : son texte multiplie les occurrences dans lesquelles il se contente d’ordonner des commandements, encore est-ce le rituel exercé habituellement par le chef des armées : envoyer des éclaireurs (II-17), former l’ordre de marche (II-19), haranguer les troupes et donner le signal du combat (II-21), corriger l’action des soldats (II-25). Dès le début des combats, on vient de le constater, César n’a pas la maîtrise des opérations ; il la retrouvera un peu au cours de la bataille, pour la perdre définitivement à la fin du conflit. En revanche, capitale est l’aide permanente qu’il reçoit de ses lieutenants et de ses soldats, et qui aboutira à de notables résultats : César se borna à donner les ordres indispensables (II-21),  les légats n’attendaient pas les ordres de César, mais prenaient d’eux-mêmes les dispositions qu’ils jugeaient bonnes (…), les soldats, exercés par les combats précédents, pouvaient se dicter à eux-mêmes la conduite à suivre (II-20). L’ultime démonstration de cette carence du général romain est assénée par l’opération décisive des trois dernières légions (nous allons y revenir).


S’impose ici la sixième question de notre analyse (voir les cinq précédentes sur le forum signalé), celle relative au lieu d’implantation du camp romain.

Il semble logique de penser que les légions en marche vers la Nervie empruntent une voie de communication déjà existante, plutôt que de passer à travers champs, en l’occurrence à travers ronces et haies épineuses, ou à travers la forêt des Ardennes, épaisse et dangereuse. La route Cambrai-Bavay, actuelle D.114, existe probablement au moment de l’arrivée des armées romaines (les Gaulois ne sont pas des sauvages ou des rustres, ils possèdent des cités importantes et des routes bien entretenues), elle permet aux légions de progresser facilement, rapidement et directement.

Après avoir franchi l’Escaut, les légions traversent sans difficulté les gués de Naves et de Rieulx, et approchent de la rivière. Les historiens et chercheurs qui ont, à juste titre, privilégié la Selle au détriment de la Sambre ou de l’Escaut, ont placé le lieu de la bataille et du camp romain aux abords de Solesmes (Bombard en 1902, Lévy en 1924, etc.) ou de Saulzoir (Arnould en 1941, Turquin en 1955, etc.), c’est-à-dire sur la droite de la route d’accès Amiens-Bavay. Nous croyons au contraire qu’il faut situer le camp et la bataille sur la gauche de cette route.

Les informations recueillies par les prisonniers et les éclaireurs (II-16, II-18 ) fournissent sans doute à César le lieu exact où sont cantonnées les troupes gauloises, et la position précise de leur camp fortifié. Cependant, les Romains n’ont pas la possibilité de choisir eux-mêmes le site de la rencontre ; ils doivent se contenter, à partir de l’endroit où sont rassemblés les Gaulois, de retenir le meilleur emplacement possible pour y établir le camp (II-18, le texte ne dit pas : pour y disposer le champ de bataille), en sachant que les troupes devront se ranger selon la nature du terrain et la pente de la colline (II-22), gênées de surcroît par les haies épineuses et la forêt dans laquelle se cache l’ennemi (II-17, II-18 ). Ce sont probablement là d’ailleurs les seuls moyens de défense « naturels » dont disposent les Gaulois, dans un pays aussi plat et découvert.

Les légions quittent alors leur route d’accès à hauteur de Villers-en-Cauchies, et prennent au nord, vers le village actuel d’Avesnes-le-Sec (qui n’existe probablement pas à cette époque : aucun vestige d’occupation celtique, pré-romaine, n’y a été découvert). Le détail de la bataille fera l’objet d’une analyse ultérieure. Néanmoins, il faut ici se projeter à l’ultime phase des combats, au moment où l’aile droite romaine affronte l’armée des Nerviens. A cet endroit, trois arguments, issus de la lecture attentive du texte de César, étayent solidement la thèse d’un site sur la gauche de la route Amiens-Bavay :


I. La fuite des bagagistes.

L’aile droite romaine est en très mauvaise posture, César est sur le point de perdre la bataille : la situation était critique (II-25). Les Nerviens montent vers la porte avant du camp, dégarnis de soldats romains (II-23), la forcent et pénètrent à l’intérieur du castrum (II-24). Les cavaliers repoussés par les Atrébates au début du combat et qui veulent se replier dans le camp se trouvent nez à nez avec les Gaulois et fuient dans une autre direction (II-24) : ils font demi-tour et avertissent Labiénus de la situation catastrophique (II-26). Pour leur part, les bagagistes qui arrivent sur les lieux par la route Amiens-Bavay, voient la déroute des armées romaines et s’enfuient également (II-24) : ils rebroussent chemin et apprennent aux deux légions d’arrière-garde qui les suivent l’urgence et le danger de la situation (II-26). Ces deux événements (- les bagagistes voient la détresse de l’aile droite, - ils en informent les deux légions) ne sont possibles que si la route d’arrivée se trouve du côté du flanc droit du camp romain, c’est-à-dire du côté des troupes nerviennes (et non pas atrébates). Autrement dit : si le camp romain est implanté à gauche de cette route.


II. L’intervention de la légion de Labiénus.

Sur le champ de bataille, les haies nerviennes empêchent l’armée romaine de procéder selon les règles habituelles du combat (II-22) : les légions sont trop disjointes pour que César puisse leur faire adopter la formation de combat dite acies triplex, ni leur donner des ordres collectifs (II-22). Au moment où les Gaulois attaquent, César ne se trouve pas au centre du champ de bataille comme cela aurait dû être, mais par hasard (II-21) sur le côté gauche, d’où il passe à l’aile centrale, et enfin à l’aile droite. Là, il encourage les légionnaires en situation précaire, donne des ordres pour résister à l’ennemi, etc. (II-25, II-26). Il est encore à l’aile droite quand les deux légions d’arrière-garde se montrèrent au sommet de la colline (II-26). Ici, la narration ne met pas en scène César en personne, parce que le général romain reconnaît sans ambages la pertinence et l’efficacité de l’intervention des légions qu’il reçoit in extremis en secours, il accepte de n’être pas tenu responsable de la victoire finale et d’en imputer l’avantage à cet ultime et inespéré concours : L’arrivée des trois légions produisit un tel changement que…(II-27). Pour que les deux légions qui escortent les bagages de l’armée puissent être aperçues au sommet de la colline par César et les soldats de l’aile droite (II-26), il est nécessaire que la route d’arrivée soit de ce côté-là du champ de bataille, autrement dit : que le camp romain soit implanté à gauche de cette route.


III. L’action salvatrice des deux dernières légions.

Les deux légions qui suivent et assurent la protection des bagages de l’armée, informées par les porteurs en fuite, arrivent au pas de course sur le lieu de la bataille. Leur intervention est d’une efficacité et d’une aisance telles que César ne prend pas la peine d’insister sur le détail des combats qui terminent le conflit, et expédie le récit de la victoire finale en un seul paragraphe (II-27). Les Nerviens envahissent pourtant le camp romain en s’y introduisant par la porte pretoria (porte sur le côté antérieur du camp, face à l’ennemi) qui est alors démunie de soldats romains puisque l’aile centrale est aux prises avec les viromandues sur les bords de la Selle (- remarquez la progression dans l’invasion du camp : les autres se portaient vers le sommet du camp, II-23 ; les ennemis montaient en face de nous sans relâche, II-25 ; les ennemis étaient dans le camp romain, II-24). D’autres Nerviens prennent en tenailles les deux légions de l’aile droite et sont sur le point de remporter la bataille (les uns entreprirent de tourner les légions par leur droite, II-25 ; leur pression augmentait sur les deux flancs, II-25). Mais rien dans le texte de César ne laisse supposer que les Nerviens aient atteint la porte dextra (sur le côté droit du camp romain, toujours défendu par les soldats de l’aile droite), ni encore moins qu’ils l’aient franchie pour pénétrer dans le camp. La rapidité, la facilité et l’efficacité de l’intervention de ces deux légions ne peut s’expliquer que si leur arrivée se fait par une route qui se trouve du côté du flanc droit du camp romain, c’est-à-dire du côté où a lieu le redoutable conflit opposant les troupes nerviennes aux légionnaires. Autrement dit : si le camp romain est implanté à gauche de la route Amiens-Bavay.

      (à suivre)


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MessagePosté le: Ven 20 Mar - 07:29 (2009)    Sujet du message: Publicité

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