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Histoire Haspres
Histoire de la ville d Haspres, son patrimoine, sa mairie aux allures de petit Kremlin, sa prévôté, son clocher et son église, l'ancienne prison ou corps de garde de l'armée russe en 1815, son moulin, ses sociétés locales actuelles et passées.

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BIGOTTE


Hors ligne

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MessagePosté le: Mar 13 Fév - 19:45 (2018)    Sujet du message: Pour soutenir, une fois encore, la thèse de la Selle Répondre en citant

Il me semble que le dernier texte de M. Brongniart est assurément une grande découverte qui, d’une part, satisfait aux règles traditionnelles de la phonétique historique appliquée aux cours d’eau en cause dans la bataille de la Sabis (l’Escaut et trois de ses affluents), et d’autre part, observe la distinction entre des noms qui, à un moment historiquement daté, auraient développé des graphies similaires qui eussent entraîner de fâcheuses confusions.
 
A l’époque de César, le réseau fluvial de la Gaule Belgique dans la proximité de la bataille qui nous intéresse, comprenait quatre cours d’eau : le Scaldis et trois affluents : la Sabis, le Scarbus, la Satis (l’hésitation est possible sur le genre des hydronymes en français, alors que les fleuves étaient masculins chez les Romains ; quant à la désinence, elle varie en fonction de la flexion grammaticale du nom latin).
 
- Le Scaldis (cité par César, BG VI,33), deviendra l’Escaut selon l’évolution tout à fait naturelle qu’ont subi les mots latins pour devenir nos vocables français. Ce fleuve n’a pas changé d’aspect depuis César, excepté en deux sites : sa source a été déplacée de quelques kilomètres au début du 18e siècle ; un bras de son embouchure se jetait autrefois dans la Meuse.
 
- La Sabis, affluent de l’Escaut, rivière sur laquelle s’est déroulée la fameuse bataille de César contre les Nerviens, n’a pas non plus vécu de changements notoires dans sa configuration topographique. Pour elle aussi, les lois de la phonétique française ont fait évoluer son nom, en passant successivement par des étapes attestées dans des actes d’archives concernant Douchy, Noyelles, Solesmes, etc. : Sabis > Sava en 706  Seve en 950 > Sée(s) en 1286 > Selle actuellement par l’adjonction d’un diminutif –elle dont la présence s’explique par ladite découverte de M. Brongniart, nous allons y revenir.
 
- le Scarbus, aujourd’hui la Scarpe, prenait sa source près de Goeulzin, passait à Douai, Marchiennes, Tournai, était une rivière au débit très faible, qui coulait dans une vallée marécageuse. Elle se jette dans l’Escaut à Mortagne. Certains historiens la désignent comme le lieu où les non-combattants de la Sabis se seraient réfugiés.
 
- La Satis, cours d’eau dont le nom n’existe plus aujourd’hui, qui n’est pas mentionné par César mais qui est certifié dans des documents officiels des 6e et 7e siècles, était un fleuve imposant, navigable, qui naissait au nord-ouest d’Arras, passait à Biache, à Aubigny et se jetait dans l’Escaut au niveau de Bouchain. A la fin du 10e siècle, des travaux de détournement de la Scarpe, ordonnés par le comte de Flandre, ont permis la jonction des deux rivières, entre Sailly (sur la Satis) et Biache-Saint-Vaast (sur le Scarbus /Scarpe). Dès lors, la Satis coula, en amont, vers le nord et apporta à la Scarpe (dont elle emprunta le nom) un débit plus rapide, favorable au développement économique de la ville de Douai par exemple. Mais en même temps, le segment de cette Satis qui se dirigeait vers l’est (de Biache à l’Escaut) perdit son ancien régime hydraulique et coula désormais dans une plaine marécageuse et tourbeuse. Son nom garda quelque chose de la Satis, en évoluant normalement : Satis > Saδa > Sée(s). A cet instant, les deux cours d’eau anciennement Sabis et Satis, portaient le même nom ou presque. La nécessité de les départager obligea à leur adjoindre un élément différent mais qui fût plus ou moins en rapport avec l’historique de chacun d’eux :
 
-         Sée (ex-Sabis) devint Se-elle par l’ajout d’un suffixe diminutif –elle qui dénonça peut-être certains changements dans son débit, sa profondeur, sa largeur. La Selle serait « la petite Sée ».
 
-         Sée (ex-Satis) devint Sen-Sée par l’ajout d’un préfixe Sen-, du latin senex, senus = vieux. L’évolution phonétique de ce composé aurait donné la suite : Satis > Sada > Sensaδa en 920 (en faisant persister la marque de la forme ancienne) > Sensée, c’est-à-dire « la vieille Sée ». Sensaδa n’est apparu qu’au 10e siècle, quand a disparu le nom de Satis, suite au percement du seuil de Vitry et la jonction de la Satis et de la Scarpe : alors, la Scarpe s’est substituée à la Satis sur une portion de son trajet, la Sensée a remplacé la Satis sur l’autre partie.
 
Vers la même époque (11e-12e siècles) apparaît un phénomène tout à fait similaire au mécanisme que nous venons de décrire pour différencier des toponymes parvenus à des formes proches, voire identiques. Ainsi Siccis Avesnis (Avesnes-le-Sec) a succédé en 1057 à Avisinas qui avait fini par donner la prononciation /Aven’/. De son côté Avenae Oberti (Avesnes-lez-Aubert) a remplacé en 1080 Avenas qui avait abouti aussi à l’articulation /Aven’/. Ici, la précision prédicative a autorisé les mêmes graphies « Avesnes ».
 
Il est bien évident que cette théorie serait à conforter par l’observation des textes anciens, la datation des faits, et l’analyse des hydronymes dans un système de relations les uns avec les autres. Il est tout aussi manifeste qu’il conviendrait de revoir la localisation de la bataille de la Sabis à la lumière de ces nouvelles données. Cependant, la thèse de M. Brongniart me paraît la plus pertinente de celles qui ont été émises sur cette question, elle préserve à la fois l’intégrité du réseau hydraulique (en évinçant la confusion Sabis / Satis, ou une improbable erreur de César) et la cohérence des faits linguistiques (en admettant une corrélation, souvent concomitante, des lois d’évolution). Mes commentaires n’ajoutent pas grand-chose à ceux de M. Brongniart, c’est à lui seul que revient le mérite de sa découverte, je tenais seulement à ajouter ma voix à la sienne.
 
André Bigotte


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MessagePosté le: Mar 13 Fév - 19:45 (2018)    Sujet du message: Publicité

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Morin


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Inscrit le: 17 Fév 2014
Messages: 12
Localisation: Oise

MessagePosté le: Dim 8 Avr - 19:49 (2018)    Sujet du message: Pour soutenir, une fois encore, la thèse de la Selle Répondre en citant

Dans un ouvrage « Extraits originaux d’un manuscrit de Quentin de la Fons intitulé Histoire particulière de l’église de Saint Quentin » publié par Charles Gomart en 1854
L’auteur y rapporte en note :
L’Abbaye du Mont-Saint-Martin a emprunté son nom à une butte de terre qu’on appelait, dans les temps éloignés, le Mont-des-Bœufs. Une tradition locale nous apprend qu’il ne prit le nom sous lequel il fut connu plus tard qu’à la suite du passage de saint Martin, qui, parcourant la Gaule, comme soldat dans les troupes de Julien l’Apostat, détruisit les idoles païennes placées sur le sommet de ce monticule.
En 1689, le père Bévière, prieur de l’Abbaye du Mont-Saint-Martin, voulant voir s’il se découvrirait rien qui pût confirmer cette tradition, fit fouiller cette butte. Voici comme il raconte, dans ses mémoires manuscrits, le résultat de ses recherches :
A trois ou quatre pieds de profondeur, on a trouvé de la maçonnerie ; et, après avoir tout découvert, une grosse tour ronde de pierres, fort massive. Au milieu de cette grosse tour, nous avons trouvé une autre petite tour d’environ deux pieds de haut ; et au milieu de cette tour, un gros grès d’environ trois pieds, fermé et entouré d’une forte maçonnerie, au milieu de laquelle était une mortaise, et au-dessous du grès, comme une petite tombe, fermée de forte maçonnerie, et au-dessous, toute maçonnerie légère, et rien de plus
Quelque confuse que soit cette description, il est facile d’y reconnaître le caractère d’une construction gauloise.


En ce qui concerne le changement de nom du mont et la destruction des idoles sur ce mont : Le culte de Saint Martin s’étant développé fin du Vème siècle, le nom "mont des bœufs " et le monument qui y était situé sont antérieurs et donc d’époque gallo-romaine ou gauloise.

Amédée Piette nous parle de ce monument dans une communication « Notice sur les Mottes ou Tombelles de l’Arrondissement de Saint Quentin (Aisne) » à la société des antiquaires de Picardie en 1844 (Tome VII) pages 510-511
il n’est pas inutile de rappeler l’existence s’un des plus intéressants monuments de ce genre que les efforts des hommes ont fait disparaître de la surface du sol depuis 15 à 20 ans seulement ; je veux parler du Mont St.-Martin qui était situé sur le territoire de la commune de Gouy et au pied duquel fut bâtie, en 1130, l’abbaye célèbre qui lui emprunta son nom.
Ce mont, ou plutôt cette motte, n’était autre chose qu’un tumulus antique dont les dimensions pouvaient être de 12 à 15 mètres de hauteur sur 60 à 80 mètres de largeur à sa base. On l’appelait dans les temps éloignés le Mont des Bœufs, Mons Boum. Une tradition locale recueillie et rapportée par Colliette dans ses mémoires pour servir à l’histoire du vermandois, nous apprend qu’il changea de nom à la suite du passage de St. Martin qui, parcourant la gaule comme soldat, dans les troupes de l’empereur Julien, détruisit des idoles dont son sommet était orné.


Pour ce qui est de cette tour double j'ai cherché comment les romains traitaient les morts civils ou militaires et plus particulièrement les morts militaires lors des batailles.
Sans rien trouver à ce dernier propos, j’ai néanmoins trouvé un article très intéressant : "des vivants et des morts" dans Archéopages n°39 sous forme d’un débat entre Michel Tarpin et Michel Signoli :
Michel Tarpin est professeur d’histoire de l’art et d’archéologie des mondes antiques à l’université de Grenoble, et dirige le Centre de Recherche en Histoire et histoire de l’art - Italie, Pays Alpins. Un de ses thèmes de recherche et la définition des catégories de butin et la procédure des rituels de victoire.
Michel Signoli dirige le laboratoire « Anthropologie bio culturelle, Droit, Ethique &Santé ». Ses thèmes de recherche sont les sépultures multiples en relation avec les épidémies du passé et les conflits récents.

ce que dit Michel Tarpin à la fin du débat est encore plus intéressant :

La coutume proprement romaine et de construire à Rome où sur les lieux de victoire des monuments en dur visibles de très loin, comme le monument de la Turbie pour Auguste, celui du col du Perthus pour Pompée auparavant. On les appelle trophées parce que l’on n’a pas de nom particulier. Le premier de ces monuments est lié à la victoire sur les Allobroges. Quelque part à la jonction de l’Isère et du Rhône, il y a quelque chose de construit en 121 avant notre ère. D'après l'unique source qui en parle, ce serait un monument - tour orné de trophées. Il faut sans doute imaginer quelque chose d'assez proche des "mausolées" circulaires bien connus, comme celui d'Auguste. Le mieux connu et le grand mausolée d’Adamclisi, en Roumanie, pendant de la colonne Trajanne de Rome, ceint d’une frise de métopes qui illustrent les différentes batailles de Trajan autour duquel on a retrouvé des fragments de monuments gravés de listes de soldats morts.

Le monument funéraire de Pharsale, connu seulement par les textes, et décrit dans des termes qui indiquent que ce devait être quelque chose de normal. L’histoire dit que César fait voter ses soldats pour l’attribution des palmes de victoire, il reçoit les deux premières, la troisième est attribuée à un centurion mort au combat, qui a mené les troupes à la victoire. César dit bien que tant de gloire vaut un monument individuel à côté du monument collectif.


Le tropaeum de Pompée est élevé en 71 av JC au col de Panissars (frontière franco-espagnole)
le tropaeum de Pharsale est élevé par César en 48 av JC (date de la bataille)
le tropaeum de La Turbie est élevé par Auguste en 5 av JC
Le tropaeum de Trajan est élevé près du lieu de la bataille d'Adamclisi durant l'hiver 101-102.
Ce dernier tropaeum présente 2 tours concentriques de diamètre 30,20 m pour l'extérieure et 9,20 m pour l'intérieure , la construction en deux tours concentriques découvertes par le prieur du Mont Saint Martin en 1689 lui ressemble étrangement par son architecture et par sa taille.

Il y a une continuité et une généralité dans la présence des ces constructions durant l’époque romaine.

LE TROPAEVM ALPIVM ET L’HÉRACLÈS MONOIKOS
MÉMOIRE ET CÉLÉBRATION DE LA VICTOIRE DANS LA PROPAGANDE AUGUSTÉENNE À LA TURBIE
Sophie BINNINGER
Centre d’études Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (Cépam - UMR 6130 - CNRS/UNSA), Université de Nice.

Quelle que soit la proximité et l’identification des structures, il faut désormais élargir notre regard sur le trophée d’Auguste pour envisager son insertion dans un site plus complexe, au même titre d’ailleurs que d’autres trophées romains, connus par les sources littéraires ou archéologiques. Ainsi, selon Strabon, le trophée érigé au confluent de l’Isère et du Rhône par Domitius Ahenobarbus était associé à deux temples, l’un consacré à Arès, l’autre à Héraclès. La victoire de Sylla à Chéronée était commémorée par deux trophées, dont un placé sur la cime du Thourion où se trouvait aussi un temple d’Apollon. Dans les Pyrénées, on sait par Dion Cassius que César avait érigé un autel non loin du trophée de Pompée. Plusieurs monuments commémoraient Actium autour du Golfe d’Ambracie : sur le cap, Apollon possédait un temple ancien et, à l’emplacement du camp de l’armée d’Octave, Mars et Neptune étaient dédicataires d’un monument orné de rostres de navires pris au ennemis. Enfin, à Adamklissi, un autel et un mausolée étaient associés au trophée dédié à Mars Ultor, sur un site qui, avant de commémorer les victoires de Trajan, conservait le souvenir des soldats de Domitien. Autant d’exemples où les trophées, loin d’être des édifices isolés, étaient associés à des monuments religieux, sur des sites où les commémorations étaient multiples : elles utilisaient des supports différents ou bien se référaient à plusieurs événements.


Il pourrait bien s’agir sur la butte du Mont Saint Martin d'un tropaeum élevé par César sur le site de la bataille pour commémorer sa victoire .
Si c'est le cas c'est un indice supplémentaire très fort en faveur du Haut Escaut - Gouy / Mont Saint Martin.

Eric Brongniart


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