Histoire Haspres Index du Forum

Histoire Haspres
Histoire de la ville d Haspres, son patrimoine, sa mairie aux allures de petit Kremlin, sa prévôté, son clocher et son église, l'ancienne prison ou corps de garde de l'armée russe en 1815, son moulin, ses sociétés locales actuelles et passées.

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Hypothèse de la bataille du Sabim a Thuin / Bonne Lecture!

 
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Flying"fr" - D
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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 14:27 (2012)    Sujet du message: Hypothèse de la bataille du Sabim a Thuin / Bonne Lecture! Répondre en citant

G. Boulmont 
 
L'emplacement de la bataille de la Sambre (57 avant J.-C) 
 
In: Revue belge de philologie et d'histoire. Tome 3 fasc. 1, 1924. pp. 19-34. 
 

 
 
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rbph_0035-0818_1924_num_3_1_6271 
 
 
 
L'emplacement 
 
de la bataille de la Sambre. 
 
(57 avant J.-C.) 
 
 
 
 
 
Où les Belges ont-ils été vaincus par les Romains ? 
 
Telle est la question qui préoccupe, depuis des siècles, 
 
le monde historique, sans que jusqu'à ce jour, on soit 
 
parvenu à lui trouver une réponse satisfaisante. Celle-ci, 
 
d'ailleurs, ne pourrait être donnée avec quelque possibilité 
 
de rallier tous les suffrages, que moyennant une concor 
 
dance parfaite des lieux présumés avoir été le théâtre de 
 
la bataille, avec le texte des « Commentaires de la Guerre 
 
des Gaules » de Jules César, seul document authentique 
 
que nous ayons là-dessus. Interrogeons-le donc, mais 
 
sans parti pris, à rencontre de certains historiens locaux 
 
de la Sambrie, torturant ce texte pour étayer leur thèse. 
 
Après avoir raconté sa marche triomphale à travers la 
 
majeure partie de la Gaule, le général romain nous dit 
 
qu'ayant reçu la soumission des Ambiani, il s'informa 
 
auprès d'eux du caractère et des moeurs des Nerviens ; on 
 
lui apprit qu'ils ne permettaient aucun accès chez eux au 
 
commerce étranger; qu'ils rejetaient l'usage du vin et des 
 
autres superfluités propres à énerver les âmes et affaiblir 
 
le courage; qu'ils étaient remplis d'indignation pour la 
 
conduite de leurs frères du midi(l), auxquels ils repro 
 
chaient de s'être lâchement donnés aux Romains et d'avoir 
 
ainsi renoncé à la valeur de leurs pères ; qu'enfin, ils 
 
avaient résolu de n'envoyer aucun député au conquérant 
 
et de n'accepter la paix à aucune condition. César, acculé 
 
ainsi, à la nécessité de leur faire la guerre, part avec huit 
 
légions à la rencontre des Nerviens et de leurs alliés. 
 
Rémois, Trévires, etc. 
 
20 G. BOULMONT 
 
Après trois journées de marche sur les frontières méri 
 
dionales de la Nervie, César, parvenu apparemment aux 
 
environs de Rance ou de Sivry, apprend, d'indigènes 
 
faits prisonniers en cours de route : 1° que la Sambre 
 
n'était qu'à dix mille pas (environ 15 kilomètres) de là, 
 
et que les Nerviens, réunis aux Atrébates et aux Véromandois, 
 
leurs voisins, s'étaient postés de l'autre côté 
 
de la rivière, pour y attendre l'armée romaine; 2° que les 
 
Atuatiques étaient en route pour les rejoindre; 3° que les 
 
femmes et tous ceux que leur âge rendait inutiles, avaient 
 
été placés dans un lieu sûr, défendu par des marais, et 
 
inaccessible à une armée (*). 
 
César envoie immédiatement une reconnaissance, ayant 
 
à sa tête quelques centurions, à la découverte du campe 
 
mentd e l'armée des Belges, avec mission de choisir, à peu 
 
près en face, l'endroit le plus avantageux pour y camper 
 
lui-même. Il nous décrit comme suit l'emplacement choisi : 
 
« C'était une colline qui, depuis son sommet, s'abaissait 
 
régulièrement vers la Sambre. Sur le bord opposé s'éle 
 
vait une autre colline, ayant une même déclivité. Son 
 
versant inférieur était nu et découvert et aboutissait à la 
 
rivière par une plaine d'environ deux cents pas; mais le 
 
haut était garni de grands arbres, dont le feuillage épais 
 
arrêtait la vue et empêchait de découvrir ce qui s'y passait. 
 
Au dedans de ces bois, les ennemis se tenaient cachés (2) ». 
 
Malgré la clarté apparente de ce texte et après tant de 
 
publications consacrées à ce sujet, il existe une telle diver 
 
gence de vues entre celles-ci, que les historiens les plus 
 
autorisés de notre époque en sont encore à se demander 
 
en quel endroit précis a dû se dérouler le drame de la 
 
bataille de la Sambre où faillit sombrer la fortune de 
 
l'heureux conquérant des Gaules. 
 
En effet, sans tenir compte de ceux qui, comme Namèche, 
 
se bornent à mentionner les opinions en cours, les uns, à 
 
(*) César, II, XV-XVI. 
 
(2) Collis, ab summo sequaliter declivis, ad flumen Sabim, quod supra 
 
nominavimus, vergebat. Ab eo flumine pari acclivitate collis nascebatur, 
 
adversus lmic et contrarius, passus circiter ducentos, intima apertus, a 
 
superiore parte silvestris, ut non facile introrsus perspici posset. Intra eas 
 
Silvas hostes in occulto sese continebant (César, II, XVIII). 
 
BATAILLE DE LA SAMBRE 21 
 
la suite de Des Roches (*) et de Dewez (2) et plus récem 
 
ment de Kai sin (3), Gantier (4), etc., placent encore le 
 
théâtre de cette bataille à Presles et aux alentours; 
 
d'autres, à l'exemple de Baert (&), Van der Elst(6) et 
 
Wauters (7), adoptent, plus ou moins timidement, l'opinion 
 
que cet événement mémorable a dû avoir lieu entre Thuin 
 
et la frontière française; d'autres (et ce sont les plus 
 
nombreux) croient devoir s'arrêter à Haumont, opinion 
 
émise dès le xvn" siècle par les pères Bouchez (8, et 
 
Kuteaux(9), reprise au xviii6 siècle par le père Wastelain (10), 
 
puis préconisée au xixe siècle par le général Renard (11), 
 
Moke(12), Schayes(13) et les auteurs français, comme le 
 
général de Creuly, Dinaux, Piérart, Napoléon III, etc., 
 
plaidant tout naturellement pro domo, s'évertuant à situer 
 
sur les bords de la Sambre française le théâtre de la 
 
bataille où s'effondra l'indépendance de la Belgique (14)i 
 
Cependant, cette question est-elle réellement insoluble? 
 
Une exploration plus attentive des terrains qui ont pu être 
 
le théâtre de la bataille, ne peut-elle servir de base à une 
 
nouvelle hypothèse, plus vraisemblable que celles émises 
 
jusqu'ici ? Nous avons osé le croire. 
 
(') Des Ruches, Histoire ancienne des Pays-Bas autrichiens, édition de 1787, 
 
H, 287. 
 
(l) Dewez, Bull, de Γ Ac. Roy. de Belg., année 1820, II, p. 237; Hist, géné 
 
rale de la Belgique, edit. 1826, p. 148. 
 
(3) Kaisin, Doc. et Rapp. de la Soc. arch, de Charleroi, 1903, t. XXVI. 
 
(*) Gantier, La Conquête de la Belgique par César, 1882, p. 107. 
 
(5) Baert (d'après Roulez), Mém. sur la Camp, de César, 1833, p. 38. 
 
(t!) Van der Elst, Doc. et Rapp. de la Soc. arch, de Charleroi, t. I, p. 119. 
 
{') Wauters, Nouvelles études sur la Géogr. anc. de la Belgique, 1867. 
 
( Cool ËGiDius Bi chéri. Belgium rom. eccles. et civile, 1655, p. 612. 
 
(9) Ruteaux, Annales de la province de Haynau, 1648, ch. VI, p. 33. 
 
(10) Wastelain, Description de la Gaule Belgique, 17*51, IV, p. 20. 
 
(u) Renard, Histoire politiqtie et militaire de la Belgique, 1849. 1, p. 414. 
 
(**) Moke, La Belgique ancienne et ses origines, 1858, ρ 172. 
 
(13) Schayes, La Belgique et les Pays-Bas, avant et pendant la domination 
 
romaine, 1838, I, p. 349. 
 
(u) Comme échantillon de trop ingénieuses etymologies, consulter : V. Gant 
 
ier, La conquête de la Belgique par Jules César. Buxelles, Office de Publicité, 
 
1882, notamment p. 161. — J. Kaisin, Notre opinion sur la Bataille de Presles 
 
= tome XXVI des Documents et Rapports de la Société archéologique de Charl 
 
eroi. — Piérart, Recherches historiques sur Maubeuge et son canton, 1851, 
 
p. 110 et suiv. — Minon, Haumont et son abbaye, 1895, chap. VI. 
 
22 G. BOULMONT 
 
Après nous être astreint à prendre connaissance de 
 
tout ce qui avait été publié jusqu'ici d'important sur la 
 
matière, et avoir entrepris de contrôler sur place les con 
 
clusions des auteurs consultés, il nous est bientôt apparu 
 
que l'une des principales causes de leurs divergences de 
 
vues devait être la désinvolture avec laquelle la plupart 
 
d'entre eux placent le camp des Belges sur la rive gauche 
 
de la Sambre ou sur la rive droite, selon les besoins de la 
 
thèse qu'ils entreprennent de défendre. Citons, entre 
 
autres, notre savant historien militaire, le général Renard, 
 
qui, pour avoir exploré, semble-t-il, beaacoup trop super 
 
ficiellement la haute Sambre belge (*) et adopté alors là 
 
localité d'Haumont comme l'endroit témoin de cette lutte 
 
gigantesque, est forcément amené à y placer ensuite, en 
 
dépit de la logique la plus élémentaire (ainsi que nous le 
 
prouverons bientôt) le camp de Boduognat sur la rive 
 
droite de la Sambre. Celle-ci, en effet, non pas à Haumont 
 
même, mais un peu en amont, au village de Saint-Remy- 
 
Mal-Bâti, est la seule rive qui, dans cette région, rappelle 
 
quelque peu la description que César nous fait des abords 
 
du camp belge, menant en pente très douce à la rivière. 
 
Quelques années plus tard, le général de Creuly, dans 
 
sa Carte des Gaules, et à sa suite, Napoléon III, dans son 
 
Histoire de Jules César, firent leur la thèse du général 
 
Renard, si flatteuse pour l'amour-propre national fran 
 
çais ( Cool . 
 
Ce procédé est évidemment très commode, mais il est 
 
peu conforme aux règles de la saine critique historique. 
 
Avant toute autre recherche, il fallait déterminer au 
 
(') Renard, op. cit., I, page 416 (en note) : « J'ai examiné avec soin (dit-il) 
 
les rives de la Sambre au-dessous de Charleroi, et j'affirme qu'aucune localité 
 
ne répond à la description qu'en font les « Commentaires » ; la nature des 
 
rives s'oppose également à ce que l'action ait eu lieu en amont de Charleroi. » 
 
( Cool Pour donner plus d'autorité à cette thèse, Napoléon III, de concert avec 
 
la Commission de la topographie des Gaules, sa très humble servante, fit insérer 
 
cette note au Moniteur du 25 novembre 1861 : « M. le général Creuly et 
 
M. Bertrand ont suivi en barque et exploré le cours de la Sambre dans toute 
 
l'étendue du pays indiqué par le texte. Il résulte de leur rapport que les 
 
hauteurs d'Haumont répondent seules aux particularités consignées dans les 
 
Commentaires. Frappée des raisons qu'ils ont fait valoir, la Commission a 
 
placé à Haumont le lieu de la bataille. » 
 
BATAILLE DE LA SAMBRE 23 
 
préalable sur quelle rive de la S ambre devait logiquement 
 
se trouver le camp de Boduognat, César n'ayant pas jugé 
 
expédient de nous l'apprendre. 
 
Or, il est généralement admis aujourd'hui que les Nerv 
 
ien s occupaient la contrée s'étendant entre la Sambre 
 
et l'Escaut, et que l'Entre-Sambre-et-Meuse n'était habitée 
 
que par certains de leurs clients, tels que les Gordunes. 
 
les Lévaques et les Centrons. D'autre part, nous savons 
 
par César lui-même qu'à son approche les Belges avaient 
 
caché les membres faibles de leurs familles en un refuge 
 
sûr, entouré de marécages et inaccessible à une armée 
 
ennemie 
 
Comment donc pourrait-on concevoir que Boduognat, 
 
au lieu de barrer aux envahisseurs de sa patrie les passages 
 
pouvant donner accès au refuge susdit, ait fixé son 
 
campement sur la rive droite de la Sambre, laissant ses 
 
ennemis maîtres de la rive gauche et libres d'évoluer ainsi 
 
à leur guise, en pleine Nervie, au nord de la Sambre ? 
 
Le simple bon sens s'insurge contre une telle supposition 
 
et nous oblige à admettre que le camp de Boduognat ne 
 
pouvait se trouver que sur la rive gauche de la Sambre. 
 
D'ailleurs, si on s'obstinait à vouloir situer ce camp sur 
 
la rive droite, comment serait-il possible d'expliquer que 
 
les Tréviriens, ayant, ainsi que le raconte César, fait 
 
volte-face à la vue des Nerviens maîtres momentanés du 
 
camp romain et de la panique des légionnaires, aient pu 
 
s'enfuir vers leur pays (domum contenderunt, dit César)? 
 
Si le camp romain, envahi alors par les Nerviens, se fût 
 
trouvé sur la rive gauche, il est de toute évidence que la 
 
fuite des Tréviriens n'eût pu s'effectuer que dans la direc 
 
tion de Mons-Bavay. 
 
Dès lors, notre tâche se simplifie singulièrement; elle 
 
se réduit à rechercher quel est le ,site de la rive gauche de 
 
la Sambre se rapportant le plus exactement à la description 
 
minutieuse que César nous faite des abords du camp belge. 
 
Or, si étalant sous nos yeux les cartes de l'Institut 
 
cartographique militaire belge donnant le cours de la 
 
Sambre de Jeumont à Charleroi, nous y examinons la 
 
topographie de la rive gauche, nous n'y rencontrerons 
 
qu'une seule localité riveraine, Sars-ia-Buissière, nous 
 
24 G. BOULMONT 
 
présentant un site absolument conforme à la description 
 
que fait César de l'assiette et des abords du camp de 
 
Boduognat. 
 
En effet, dès qu'on a franchi le pont de Sambre (ancien 
 
gué) à Fontaine- Val mont, distant de quelques pas de la 
 
station du chemin de fer dans la direction de l'est, on se 
 
trouve, sur le territoire de Sars-la-Buissière, à l'entrée 
 
d'une belle plaine herbeuse, d'une largeur moyenne d'en 
 
viron 300 mètres, équivalant aux deux cents pas romains 
 
des « Commentaires ». De forme presque demi-circulaire, 
 
la plaine se déploie entre la rive gauche de la Sambre et 
 
le pied de la colline dont le sommet, 2 kilomètres plus 
 
haut, a dû supporter le camp de Boduognat. Cette colline, 
 
en pente très douce et régulière (inclinaison moyenne de 
 
0m03 par mètre), commençant à la courbe de niveau de 
 
123 mètres, s'élève jusqu'à 188 mètres d'altitude. Au delà 
 
de la ferme du Sarty, après un léger rétrécissement invi 
 
sible à l'oeil et à peine appréciable à l'aide des instruments 
 
de géodésie, la plaine ne tarde pas à prendre une' assiette 
 
plus caractérisée encore sous forme de prairie basse et 
 
submersible, indiquant nettement par ses limites celles 
 
des débordements de la Sambre à la mauvaise saison, 
 
lesquels couvrent ainsi alors exactement les deux cents pas 
 
(passus circiter ducentos) des « Commentaires ». Enfin elle 
 
vient expirer aux pieds de Y oppidum de Grignart, reconnaissable 
 
aujourd'hui de très loin grâce à son châtelet 
 
moderne, porté par les soubassements rocheux de l'antique 
 
forteresse à 150 mètres d'altitude. 
 
Aussi, du haut de cet observatoire antique, on domine 
 
tout l'ensemble du champ de bataille préconisé par nous, 
 
De cet oppidum, dont l'existence au temps de la conquête 
 
de la Belgique, attestée par des fouilles heureuses (*) ne 
 
peut être mise en doute, une cinquantaine d'habiles tireurs 
 
pouvaient faire victorieusement obstacle à tout essai de 
 
passage de la Sambre par les Romains, en les prenant en 
 
enfilade, aussi bien en amont qu'en aval, tandis que le gros 
 
de l'armée belge, dissimulé à la lisière des bois dominant 
 
(*) Documents et Rapports de la Société archéologique de Charleroi, t. XVIII, 
 
p. 377 et suiv. — Annales du Cercle archéologique de Mons, t. ill, p. 397. 
 
BATAILLE DE LA SAMBRE 
 
26 G. BOüLMONT 
 
la rive gauche (vers la courbe de löO mètres), les accabler 
 
aidte face, sous une grêle de traits meurtriers. 
 
Cette masse rocheuse, taillée à pic, haute de près de 
 
30 mètres et absolument inaccessible du côté de la rivière, 
 
formait donc comme le point central de résistance des 
 
4 à 5 kilomètres du front de bataille des Belges, au pied 
 
de leur campement du Grand Fayt, vaste plateau de plus 
 
d'un kilomètre carré, à présent déboisé, couvert alors, 
 
ainsi que son nom actuel l'indique, de grands hêtres, au 
 
travers desquels nos pères pouvaient aisément apercevoir, 
 
sans être vus, tout ce qui se passait dans le camp romain. 
 
Encore aujourd'hui, de l'emplacement du camp belge, 
 
où cent mille hommes avec leurs chariots devaient être 
 
à l'aise, on domine complètement le pays, de Merbes-le- 
 
Château à Thuin, ainsi que le cours de la rivière, décri 
 
vant ses méandres à une soixantaine de mètres au-dessous 
 
du spectateur. Il eût été difficile aux Belges de faire un 
 
meilleur choix. 
 
En considérant cet ensemble il serait injuste de ne pas 
 
reconnaître à nos pères un certain génie militaire. Et 
 
même, on est porté à se demander ce qui serait advenu, en 
 
l'occurrence, de l'armée romaine, si les Belges, au lieu 
 
d'attaquer sur un renseignement erroné, fourni par des 
 
transfuges, s'étaient bornés à utiliser d'aussi remarquables 
 
moyens de défense? 
 
Quant au silence de César sur Y oppidum en question, il 
 
s'explique par la simple raison que celui-ci n'ayant pu 
 
jouer aucun rôle dans la bataille, le général romain, 
 
toujours si concis dans les relations de ses campagnes, 
 
n'avait pas plus de motifs de le mentionner que celui de 
 
Thuin, son puissant voisin, dont l'existence à cette époque 
 
paraît également certaine. Quoi qu'il en soit, une fois bien 
 
fixés sur l'emplacement du camp belge, tel que César le 
 
voyait et décrivait du sien, rien de plus facile pour nous 
 
que de situer le camp romain, car il ne pouvait se trouver 
 
qu'en face (adversus et contrarius, dit César), donc sur 
 
Fontaine- Valmont, Leers-Fosteau, Ragnies ou Biercée. 
 
Le site de Fontaine- Valmont, à cause des escarpements 
 
de la « Rochelle » (carrières) ne se prête pas à la concor 
 
dance avec les données des « Commentaires »; le plateau 
 
BATAILLE DE LA SAMBRE 27 
 
de Leers-Fosteau étant à une altitude moyenne de 190 mè 
 
tres ne s'y prête guère davantage, à cause de sa trop grande 
 
élévation, car César, en racontant la prise sans coup férir 
 
du camp belge par Labiénus, nous apprend qu'il était plus 
 
élevé que le camp romain (ex loco superiore. César, II, 
 
xxvi). L'altitude de celui-ci doit donc être tout au moins 
 
inférieure à 185 mètres. De plus, les versants menant de là 
 
à la Sambre n'aboutissent guère à la rivière que par des 
 
escarpements plus ou moins raides, se dressant entre les 
 
gués de Pommeroeulx et de Fontaine-Valmont. Seule, la 
 
déclivité partant du plateau de Bois-de- Villers à Biercée, 
 
dont l'altitude ne dépasse pas 175 mètres, descend à la 
 
Sambre par une pente presque insensible, tellement douce 
 
et régulière (elle n'est au plus que de 3 centimètres par 
 
mètre, en moyenne), qu'elle finit par s'y confondre avec la 
 
rive droite, réalisant ainsi, point pour point, le site du 
 
camp romain décrit par César (*). 
 
D'ailleurs, dès lors que les Belges étaient campés au 
 
Grand-Fayt, les Romains ne pouvaient guère faire choix 
 
d'un meilleur emplacement pour leur camp. Outre l'accès 
 
si facile à la rivière, laquelle leur servait d'autre part de 
 
fossé de défense extérieur vers l'occident, il étaient pro 
 
tégés au sud-ouest par le Ravin de Pommeroeulx et au 
 
nord, par le Ravin du Ry de Villers, tous deux assez 
 
profonds et escarpés, du moins aux approehes de la rivière. 
 
De la sorte, leur camp n'était guère accessible de plainpied 
 
que du côté méridional, c'est-à-dire du plateau de 
 
Leers-Fosteau, témoin de leur arrivée et par où ils atten 
 
daient leurs bagages, ainsi que les deux légions de l'arri èregarde, 
 
et du plateau de Ragnies ou côté sud-est, qui vit 
 
l'arrivée, puis la volte-face, de la cavalerie trévirienne. 
 
Quant à la bataille elle-même, voici, à notre avis, comment 
 
elle a dû se dérouler. 
 
L'armée romaine, composée des six légions d'avantgarde, 
 
s'arrêta sur le plateau de Biercée au lieu-dit « Bois 
 
de Villers », à une distance d'environ 2 kilomètres de 
 
la Sambre et de 4 kilomètres du camp de Boduognat, 
 
sur la situation duquel elle n'avait, semble-t-il, qu'une 
 
(l) Collis ah summo oequahter declivis ad /lumen Sabim... vergebat. 
 
28 G. BOULMONT 
 
idée très vague. Aussitôt elle se mit en devoir de 
 
construire les retranchements, sans trop s'inquiéter de la 
 
présence d'un ennemi qu'elle ne connaissait d'ailleurs que 
 
fort imparfaitement et qu'elle avait vu se retirer loin d'elle 
 
sans combattre lors de la grande coalition belge si trist 
 
ement avortée. Aussi, tous les légionnaires mettaient-ils la 
 
main à l'oeuvre et, tandis que les uns maniaient la pelle, 
 
les autres s'éloignaient sans appréhension pour confec 
 
tionner les fascines. Chacune des quatre faces retranchées 
 
de remplacement rectangulaire du camp devait être con 
 
struite par deux légions : la face occidentale ou centre 
 
regardant la Sambre, par les 8e et IIe légions ; celle du sud 
 
ou aile gauche, commandant au sud-ouest le haut du ravin 
 
du Pommeroenlx et dominée elle-mêne au nord-est par le 
 
plateau de Ragnies, parles 9e et 10e légions; celle du nord 
 
ou aile droite, défendue par le ravin de Villers, par les 
 
7e et 12e légions; enfin, l'arrière du camp ou côté oriental, 
 
vers le haut de la colline, par les deux légions escortant 
 
les bagages, dont les premières voitures commençaient en 
 
ce moment à apparaître sur les hauteurs de Leers-Fosteau. 
 
Pendant l'exécution des travaux préliminaires d'instal 
 
lation du camp, des avant-postes de cavalerie, belges et 
 
romains, escarmouchaient entre eux sans grand résultat, 
 
tant dans la prairie large d'environ 300 mètres, citée 
 
plus haut, que sur les parties inférieures, plus ou moins 
 
découvertes et buissonneuses, du versant oriental des 
 
hauteurs supportant le vaste camp belge. De là-haut, 
 
Boduognat, posté sans nul doute au point culminant 
 
(188 mètres), suivait attentivement les mouvements des 
 
Romains, tandis que ses braves attendaient ses ordres, 
 
massés à la lisière de la forêt (vraisemblablement aux con 
 
fins sud et est du versant boisé, à l'altitude de 150 à 
 
160 mètres), rangés en trois corps de bataille, savoir: les 
 
Atrébates à droite, au nombre d'environ 15,000, les Véromandois 
 
au centre, comptant environ 10,000 combattants, 
 
et enfin, à gauche, le corps beaucoup plus nombreux et plus 
 
aguerri des 60,000 Nerviens. 
 
Dès que Boduognat a aperçu les premiers bagages de 
 
l'arrière-garde, dessinant leur silhouette animée sur le 
 
BATAILLE DE LA SAMBRE 29 
 
point culminant de Leers-Fosteau, dit aujourd'hui le 
 
Tourne-bride, à 193 mètres d'altitude, il s'empresse de 
 
donner le signal impatiemment attendu, auquel de bruyant 
 
ecslam eurs font immédiatement écho de tous les points 
 
du vaste campement sous bois, à la grande stupéfaction 
 
des Romains, qui croyaient les Belges beaucoup plus 
 
éloignés et les voient apparaître en ordre de bataille quit 
 
tant la lisière de la forêt, sur un vaste front s'étendant de 
 
La Buissière à Lobbes. Le corps des Veromandois s'élance 
 
d'abord, couvrant toute la partie du versant inférieur 
 
sud est comprise entre les gués du Pommeroeulx et de 
 
Grignart, refoulant les éclaireurs romains, tant cavaliers 
 
que fantassins, aventurés sur le terrain découvert et dont 
 
la masse sans nul doute s'enfuit pêle-mêle, dans la direction 
 
des gués de Fontaine- Valmont et du Pommeroeulx déjà 
 
connus d'eux. Quant à leurs vainqueurs, dédaignant de 
 
s'attarder aux passages guéables et traversant la Sambre 
 
à la nage, malgré ses trois pieds de profondeur, sans 
 
rompre leur ordre de bataille, ils abordent de plain-pied la 
 
rive opposée et y reprennent leur course sur le terrain 
 
également en pente très douce du territoire de Ragnies, 
 
menant à Biercée et au centre du camp romain. Ils tom 
 
bent sur les soldats des 8* et 11e légions, occupés à leurs 
 
travaux de retranchements, jetant ainsi tout le camp 
 
dans un désarroi indescriptible. César peint cette course 
 
des premiers bataillons belges par ces mots si éloquents 
 
dans leur extrême concision : « Presqu'au même instant 
 
nous les vîmes à la lisière du bois, dans le fleuve et sur 
 
nos bras » (*). C'était surtout exact pour les Veromandois 
 
et les Ner viens, ainsi qu'on le verra plus loin. 
 
Quant aux nombreux bataillons nerviens, ils étaient 
 
massés en bon ordre aux confins orientaux de la forêt 
 
(apparemment, comme on l'a dit plus haut, le long de la 
 
courbe de niveau de 150 mètres), depuis les abords de 
 
Grignart jusqu'aux limites de Lobbes. Mieux rompus aux 
 
fatigues de la guerre, ils avaient assumé la tâche la plus 
 
difficile, qui était d'attaquer l'aile droite et l'ensemble du 
 
(*) Incredibili celeritate ad flumen decucurrerunt ut poene uno tempore et 
 
ad silvas, et in flumine, et jam in manibus nostris hostes viderentnr (César, 
 
11, XIX). 
 
30 G. BOULMONT 
 
camp romain. Au signal donné, ils se ruent vers la Sambre, 
 
dégringolant à travers les escarpements broussailleux de 
 
la rive gauche, traversent la rivière à la nage, sur un front 
 
de plus d'un kilomètre et, toujours observant leur ordre de 
 
bataille et sans presque ralentir leur course, si du moins 
 
on s'en rapporte au récit de César (*), ils escaladent les 
 
hautes rives (altissimas ripas) opposées. 
 
De là, ils s'engouffrent dans le Ravin du Ry de Villers, 
 
où, se joignant à ceux d'entre eux qui les y ont précédés 
 
en amont et sans se soucier de l'extrême désavantage de 
 
la position (locum, iniquissimum locum), ils s'élancent 
 
impétueusement sur le versant opposé à J'attaque de l'aile 
 
droite romaine, culbutant au passage les 7e et 12e légions. 
 
Alors, tandis que celles-ci, en plein désarroi, sont tenues en 
 
respect par une partie d'entre eux, le gros de leurs com 
 
battants se précipite dans l'intérieur du camp dont il fait 
 
le maigre pillage, chassant ses nombreux gardiens, qui 
 
s'enfuient dans toutes les directions. Ceux-ci communiq 
 
uentleu r panique à la cavalerie trévirienne arrivant 
 
précisément offrir son concours à César et qui, croyant la 
 
bataille perdue pour les Romains, prend la fuite versla 
 
Trévirie, annonçant partout sur son passage que les armes, 
 
jusque-là invincibles, du Peuple-Roi ont subi un désastre. 
 
De fait, toute autre armée que l'armée romaine com 
 
mandée par César eût été perdue. Mais ici brillèrent dans 
 
leur plein éclat les vertus guerrières des dernières milices 
 
de la République romaine. 
 
Les officiers et les soldats ne se donnent point la peine, 
 
ceux-là de revêtir les insignes de leur grade, ceux-ci de 
 
mettre le casque ou d'ôter l'enveloppe des boucliers. Les 
 
premiers arrivés se placent sous les enseignes qui se 
 
trouvent à leur portée, et ainsi se forment instantanément 
 
des cohortes qui arrêtent enfin les efforts de l'ennemi. 
 
L'aile gauche est prête la première. Là se trouve la 
 
10e légion, que ses hauts faite ont rendue immortelle. Les 
 
Atrébates, surgissant du «ravin dePommeroeulx», fatigués 
 
de leur course plus longue et plus difficile que celle des 
 
Véromandois, arrivent par le « Bois Janot » en contre-bas 
 
(*) Césab, II, XXVIII. 
 
BATAILLE DE LA SAMBRE 31 
 
de l'aile gauche romaine ; les légionnaires, sur l'ordre de 
 
César, lancent leurs traits, chargent les Atrébates et les 
 
forcent à reculer peu à peu vers la Sambre. 
 
Quelle peut être la cause du retard des Atrébates dans 
 
l'attaque générale ? (*) 
 
Un coup d'oeil jeté sur la carte va nous renseigner. 
 
Nous remarquons que, contrairement aux Véromandois 
 
qui, une fois la Sambre franchie, ne trouvèrent plus devant 
 
eux qu'une colline en pente presque insensible, les Atré 
 
bates passant la Sambre à la nage, entre les gués de 
 
Pommeroeulx et de Fontaine, se sont trouvés en présence 
 
de rives élevées, difficiles à escalader, sauf aux abords des 
 
gués. Il en était de même entre les gués de Fontaine et de 
 
La Buissière, notamment à la Rochelle. D'où retard inévi 
 
table, surtout pour des hommes n'ayant pas l'endurance 
 
nervienne. Il se peut aussi que, prévoyant les difficultés 
 
d'escalade, bon nombre d'Atrébates aient préféré utiliser 
 
les chemins menant de leur camp aux gués dePommeroeulx, 
 
de Fontaine et de La Buissière pour aboutir au ravin 
 
de Pommeroeulx, leur rendez-vous général. D'où retards 
 
encore plus considérables, suite de la marche en colonne. 
 
Les 8e et 11e légions du centre, surprises par les Véro 
 
mandois au milieu de leurs travaux de terrassement, 
 
s'étant aussi reformées tant bien que mal, commencent 
 
déjà à tenir tête aux Belges et même à les faire reculer, 
 
quand César arrive au milieu d'elles. Ces légions, postées 
 
avantageusement sur une légère hauteur, presque égales 
 
en nombre aux assaillants, arrêtent ceux-ci et les forcent 
 
même à rétrograder jusqu'à la Sambre. Les Véromandois 
 
ne tardent pas à se voir refoulés sur le territoire de 
 
Ragnies ; mais là, ils font bravement volte-face et soutien 
 
nenlta lutte jusqu'au dernier survivant. Quant aux Atré 
 
bates, placés dans une position désavantageuse, sur les 
 
pentes abruptes par lesquelles ils étaient montés à l'assaut, 
 
ils finissent par dégringoler soit dans le «ravin de Pommer 
 
oeulx» , soit sur les bords mêmes de la Sambre, qu'ils 
 
(l) César montre les Atrébates. surgissant tardivement en face des Romains, 
 
déjà ressaisis, rangés en bataille et les attendant de pied ferme, tandis 
 
qu'eux-mêmes étaient épuisés de leur course et hors d'haleine. Ctirsu ac 
 
lassitudine exanimatos (César, JI, XXIII). 
 
3 
 
32 G. BOULMONT 
 
franchissent; les Romains les y poursuivent. Alors par 
 
venus, semble-t-il, à la lisière du Bois de Malmarais auquel 
 
ils s'adossent au delà du Sarty, dans une position d'où ils 
 
dominent à leur tour quelque peu les Romains, ils recom 
 
mencent la lutte, mais bientôt les survivants cherchent 
 
leur salut dans la fuite à travers ce qui porta, jusqu'à la 
 
fin du xvme siècle, le nom de « Bois de Malmarais », sur 
 
l'emplacement duquel se trouve à présent la vaste exploi 
 
tation du « Sarty». Labiénus, demeuré maître du terrain, 
 
en profita, selon sa coutume bien connue, pour aller piller 
 
le camp belge, resté là-haut sans défenseurs. 
 
Pendant ce temps, à l'aile droite, les 7e et 12e légions 
 
n'avaient point repris leur ligne de bataille, lorsque les 
 
Nerviens, franchissant au pas de course le « ravin de 
 
Villers », surgirent devant elles, les rejetant sur le côté 
 
pour se frayer un passage vers le camp romain, rempli 
 
alors de valets et de conducteurs de bagages; une horrible 
 
mêlée s'ensuivit. Chose étrange, la victoire des légions du 
 
centre sur les Véromandois plaça l'armée romaine à deux 
 
doigts de sa perte. Leur marche en avant découvrait,' en 
 
effet, le camp de César; les Nerviens s'empressèrent d'en 
 
profiter. Un secours inespéré vient pour quelques instants 
 
rendre l'espoir aux 7e et 12e légions; la cavalerie et l'infan 
 
teriel égère, chassées au début de l'action de la plaine de 
 
Malmarais, s'étaient ralliées en arrière des lignes et mar 
 
chaient au secours de l'aile droite; mais1 devant l'impé 
 
tuosité nerviemie, ces troupes se dispersent de nouveau. 
 
Dès lors, la confusion règne sur la colline et dans le camp. 
 
L'armée romaine paraît être arrivée à sa dernière heure f1). 
 
' César arrive en ce moment sur le lieu du combat, après 
 
avoir réconforté l'aile gauche et vu les premiers succès du 
 
centre contre les Véromandois. 
 
Les troupes reprennent courage; des renforts leur arri 
 
vent. Ce sont d'abord les deux légions 'de la réserve 
 
escortant les bagages, lesquelles, attirées par le bruit de la 
 
bataille, ont hâté leur marche et apparaissent bientôt 
 
descendant le plateau de Leers-Fosteau, à proximité du 
 
camp, vers le haut duquel elles se précipitent au pas de 
 
C'est alors qu'eut lieu la fuite de la cavalerie trévirienne. 
 
BATAILLE DE LA SAMBRE 33 
 
course. D'autre part, Labiénus, du camp belge (gui domine 
 
de 10 à 15 mètres le camp romain) voyant ce qui se pas 
 
sait et s'était empressé d'envoyer au secours de César ,1a 
 
légendaire 10e légion, dont l'arrivée à l'aile droite changeai 
 
immédiatement l'état des choses. Enfin, la cavalerie 
 
romaine et toute l'infanterie auxiliaire, impatientes de 
 
réparer leur faute, reviennent au combat. 
 
La défensive romaine se transforme en offensive, refou 
 
lant petit à petit les masses nerviennes, jdans le vaste 
 
espace de terrain incliné, compris entre l'jaile droite du 
 
camp romain et le (c ravin de Villers » et qui porte aujour 
 
d'huile nom de « Champ du Charnia ». 
 
Cependant les Nerviens ne songent point à se dérober 
 
par la retraite à une lutte devenue désormais inégale. Des 
 
rangs nouveaux surgissent des profondeurs du ravin de 
 
Villers. Les cadavres de leurs compagnons servent de 
 
marchepied aux survivants, lesquels du haut de ce rempart 
 
de corps, renvoient aux légions les traits dont celles-ci les 
 
accablent. Sur ce champ de bataille, où, d'après Dion 
 
Cassius (D. B., t. I, p. 496), les Nerviens étaient sans 
 
pareils au combat (ad pugnam non pares) (*), plutôt que de 
 
prendre la fuite ils meurent comme les Véromandois, là 
 
où ils ont lutté. Ainsi la bataille se termine sur les confins 
 
actuels des communes de Biercée et de Thuin, après s'être 
 
déroulée d'abord sur le territoire de Sars-la-Buissière et 
 
Fontaine- Valmont, témoins de la défaite des Atrébates, 
 
de Ragnies, tombeau des Véromandois et de Biercée-centre 
 
(Bois-de-Villers) qui a vu la prise momentanée du camp 
 
romain par les Nerviens. 
 
Sars-la-Buissière, Fontaine- Valmont, Ragnies, Biercée, 
 
Thuin (confins occidentaux), Lobbes et La Buissière, 
 
forment le seul ensemble de localités de la Haute Sambre 
 
belge, susceptible de s'harmoniser avec la description du 
 
champ de bataille par Jules César. 
 
Si notre présente explication du texte des « Comment 
 
aire»s a ppliqué à la topographie sambrienne, a l'honneur 
 
(4) Ils arrachent à leur vainqueur ce cri d'admiration : ut non nequidquam 
 
tantae virtutis homines judicari deberet ausos esse transire latissimum flumen, 
 
ascendere altissimas ripas, subire iniquissum locum ; quae facilia ex difficilimis 
 
animi magnitude redegerat (César, II, XXVI I). 
 
Γ 
 
34 G. BOULMONT 
 
d'être admise, comme il y a eu plusieurs batailles de la 
 
Sambre, et que, par suite, il est utile de préciser le théâtre 
 
réel de celle qui nous occupe, il y aura évidemment lieu de 
 
décider par quelle dénomination il conviendra désormais 
 
de remplacer celles de « Bataille de Presles» ou de « Bataille 
 
d'Haumont », trop légèrement adoptées. 
 
Il est d'usage de caractériser une grande bataille en lui 
 
donnant le nom de la localité qui a été le foyer principal 
 
de l'action ou de son dénouement. Or, ici le plus fort de 
 
l'action a dû se passer au centre de Biercée(Bois de Villers) 
 
autour du camp romain, tandis que le dénouement ou 
 
l'effondrement belge eut lieu, selon nous, aux abords du 
 
Ravin du Ry de Villers, c'est-à-dire aux confins de Biercée 
 
et de Thuin. D'autre part, le petit village de Biercée, 
 
ancienne dépendance de la ville de Thuin, n'en fut séparé 
 
qu'au début du xrxe siècle, et Thuin y possède encore la 
 
majeure partie du « Charnia ». Cela étant, il paraît tout 
 
naturel de dénommer ce grand drame historique Bataille 
 
de Thuin-Biercée, ou plus simplement Bataille de Thuin. 
 
G. BOULMONT. 
 


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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 14:27 (2012)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 15:10 (2012)    Sujet du message: THUIN // Précisions de Monsieur Michel Conreur - 2011 Répondre en citant

Source : http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=39318161Thuin : César en di fficulté face aux Nerviens
  • Source: lavenir
  • Pierre DEJARDIN


© EdA

THUIN - À Thuin, la résistance farouche des Nerviens pour défendre leur capitale a failli arrêter la conquête romaine. Les légions de César ont été surprises!

En 58 av.J.-C., pou r prévenir le risque d'invasion de la Gaule par les Helvètes, Jules César entame sa première campagne de Gaule. Devant ce danger, à l'hiver 58-57, les tribus belges se coalisent. Mais l'union sera déjouée par le conquérant romain. Il peut ainsi attaquer séparément chaque tribu et leur capitale.

Dans ses mémoires, César raconte qu'il s'est déplacé dans toutes les tribus belges, de capitale en capitale, se dirigeant vers l'océan en suivant la vallée de la Somme. Puis, traversant l'Escaut, il longe la Haine jusqu'au haut plateau du Hainaut (Anderlues) après trois jours de marche, à savoir 75 km. Les Nerviens veulent éviter l'affrontement direct. Ils attaquent par surprise au passage d'un important gué, non loin de leur place forte, entre Thuin et Aulne, un endroit bien visible du lieu-dit le Berceau. C'est donc sur la Sambre, « flumen Sabis» cité par César, à proximité de la place forte de Thuin que l'affrontement a lieu.

Une attaque surprise

Sachant que dans sa place forte, même très solidement défendue, il a peu de chance de résister aux machines de guerre romaines, Boduaugnat, chef nervien, se porte à proximité pour attaquer l'ennemi par surprise lorsqu'il traversera la rivière, appelée par César un fleuve (flumen). Mais les faits ne se sont pas déroulés comme il l'avait prévu et il doit improviser.

Il attaque le camp que les romains veulent installer « sur un terrain en pente régulière depuis le sommet de la colline jusqu'à la rivière » écrit César. Terrain que M. Conreur situe au-dessus des sources du petit ruisseau, la Blanche Fontaine, et près du chemin Vert, prolongement de la rue Jean Doye, qui conduit à l'important gué de Jamboinval. L'auteur conte cet épisode avec forces détails dans différentes études. Il y situe les événements rapportés par César à la lueur des sites thudiniens et dinantais. Le tout coïncide à merveille : les distances, les chemins gaulois qui plongent dans la vallée de la Sambre puis traversent l'Entre-Sambre-et-Meuse, la position des armées et surtout le relief et la disposition des lieux. Il ne trouve aucun autre endroit que Thuin qui puisse convenir avec autant de certitude.

Incendie et trésor nervien Deux autres éléments de preuve confirment cette thèse : la fouille scientifique du rempart de barrage de l'oppidum du Bois du Grand Bon Dieu révèle que l'endroit a été incendié par les vainqueurs, entre 60 et 50 avant Jésus-Christ, après la défaite. D'autre part la découverte de trois trésors ou dépôts à Thuin (de 1980 à 1990) confirme son statut de capitale et d'atelier monétaire car l'état des pièces trouvées montre qu'elles n'ont pas ou peu circulé.

L'enfouissement correspond bien à l'imminence d'une bataille et à la défaite des autochtones puisqu'ils n'ont pas pu les récupérer. César explique ses difficultés dans son « Bellum Gallicum », rédigé en 52, sur base de feuilles de route établies pendant la campagne et dont l'objectivité des descriptions est garantie par le nombre de témoins.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:15 (2017)    Sujet du message: Hypothèse de la bataille du Sabim a Thuin / Bonne Lecture!

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