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Histoire Haspres
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Contre l’hypothèse de l’Écaillon

 
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Olivier


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MessagePosté le: Mar 5 Oct - 05:58 (2010)    Sujet du message: Contre l’hypothèse de l’Écaillon Répondre en citant

Texte de Monsieur André Bigotte :

M. Emile Mourey, repoussant la thèse de la Selle, préfère adopter celle de l’Écaillon, et situer le lieu de la bataille à hauteur du village actuel de Bermerain (identifiable avec l’antique Hermoniacum). Malgré la précision et souvent l’exactitude et la pertinence de son interprétation, il subsiste des points litigieux qui ramènent la discussion sur des problématiques dont nous avons déjà débattu, fragmentairement, dans ce forum, à savoir :

1. Le nom Sabis cité deux fois par César ne peut avoir été à l’origine que du toponyme Selle, selon les lois connues de la phonétique historique et le témoignage des textes anciens concernant, par exemple, Douchy et Noyelles-sur-Selle. Notre opinion est confortée par celles de maints philologues et archéologues, entre autres M. Carmelez cité par M. Delcroix dans sa récente intervention sur ce forum (La bataille de la Sabis > Deux nouvelles positions en faveur de la Selle). Quant au toponyme Écaillon, ce devait être Scallionis. Une erreur ou un lapsus de César, ou d’un copiste, n’est pas soutenable, nous ne souhaitons pas revenir une fois de plus sur ce point.

2. La situation du champ de bataille et du camp romain sur le flanc droit de la voie Cambrai-Bavay est difficile à admettre en fonction de deux circonstances relatées dans le compte rendu du général romain :
– d’une part, la progression de César de l’aile gauche de son armée vers l’aile droite, et sa position à proximité des 12e et 7e légions (II-25) quand il voit apparaître les deux légions d’arrière-garde au sommet de la colline (II-26) : si ces légions empruntent un chemin d’accès longeant le flanc gauche du camp (la route Cambrai-Bavay ou une voie parallèle plus proche du camp), il est alors difficile pour César, situé sur la droite du champ de bataille, d’apercevoir l’arrivée de ces légionnaires. La narration du général romain, en effet, est faite du point de vue de l’auteur-témoin : ainsi, alors qu’il ne se trouve encore qu’à l’aile centrale, César ne peut voir les bagagistes qui fuient, il ne peut entendre que leurs clameurs et un grand bruit confus (II-24) ;

– d’autre part, la débandade de l’armée romaine se fait sur le flanc gauche et le front du champ de bataille (II-24) tandis que les Nerviens attaquent les légions de l’aile droite, mettent en déroute les porteurs de bagages (qui arrivent donc aussi de ce même côté droit), et avancent sur le flanc droit du camp (ils pénètrent dans le camp par la porte avant, complètement dégarnie après que les légionnaires se soient avancés à la rencontre des Viromandues ; mais nous ne pensons pas qu’ils franchissent la porte dextra, protégée par les 12e et 7e légions). Dans ces conditions, les deux légions salvatrices ne peuvent avoir un rôle efficace et rapide (leur intervention est narrée par César en quelques phrases seulement) que si elles arrivent de ce côté droit, par où elles tombent directement sur les Nerviens aux prises avec les soldats romains. Il faut donc que la voie d’accès des légions - en particulier celles qui ferment le convoi de bagages -, soit du côté droit du camp de César, alors que l’hypothèse de M. Mourey la situe sur la gauche de cette route. La localisation proposée par M. Carmelez (cf. ce forum > Deux nouvelles positions en faveur de la Selle) à Montrécourt ne nous paraît pas recevable pour les mêmes raisons.

3. M. Mourey évoque à juste titre la ligne de crête mentionnée par César, et la situe fort judicieusement selon un tracé parallèle à la rivière. Si cette ligne de crête est inexistante au niveau de Saulzoir, elle se retrouve dans le voisinage des villages d’Haspres et d’Avesnes-le-Sec, presque perpendiculairement à la route Cambrai-Bavay et entre les actuelles D.74 et D.81. Le terrain s’élève alors à une hauteur de 73 m. puis s’abaisse parallèlement et progressivement au nord-est vers la Selle jusqu’à 40 ou 42 m. en épousant le tracé des courbures de la rivière (cf. Forum > La bataille de la Sabis > Schéma topographique du site de la bataille).

4. Nous exprimons aussi notre accord avec M. Mourey pour ce qui concerne le camp gaulois qu’il identifie à une « fortification en pierre » dont la vocation est de surveiller le territoire nervien. Mais pas de protéger particulièrement Bavay, qui n’est sans doute qu’une cité importante et pas forcément la capitale de la Nervie à cette époque-là. On connaît peu de chose des fortifications gauloises avant la conquête romaine, mais en l’occurrence il s’agit probablement, dans le sens où le suggère M. Mourey, d’une enceinte fortifiée percée de portes, renforcée de remparts et de plusieurs tours, et située sur un lieu élevé, une hauteur (ex loco superiore, II-26) . De cette fortification, les Gaulois aperçoivent les légions romaines, et Labiénus voit l’invasion du camp de César. Les tours de gué et de défense pouvaient être très hautes, plus de dix mètres au-dessus du talus formant rempart (cf. Stéphan Fichtl, Les Gaulois du Nord de la Gaule, éd. Errances, 1994). César parle de castra ennemi (II-26) : est-ce un village fortifié, dont les habitants ont été évacués vers des lieux marécageux peu accessibles (II-16, -28 ) et dont les richesses et les armes seront pillées par les valets de l’armée romaine (II-24) ? Si, selon la « logique » défendue par M. Mourey, un poste fortifié avancé derrière l’Écaillon est en liaison directe et rapide avec Bavay, une fortification sur la rive droite de la Selle et à proximité du confluent avec l’Escaut (nous avons fait l’hypothèse de Fleury, entre Haspres et Noyelles) n’a pas moins l’avantage de participer à la surveillance et à la protection du territoire nervien déjà défendu par les haies épineuses implantées entre l’Escaut et la Selle, et par la forêt des Ardennes qui couvre toute la Nervie à partir de la Selle.

5. Le camp romain est installé par M. Mourey selon des conditions habituelles et idéales. Il semble pourtant qu’à cause de l’improvisité et de la rapidité de l’attaque gauloise, les légionnaires chargés d’édifier le camp n’aient pas eu le temps de le terminer entièrement avant les combats : César doit rappeler les soldats du travail, envoyer chercher ceux qui s’étaient avancés à une certaine distance pour chercher de quoi construire le remblai (II-20) ; Chacun, au hasard de la place où il se trouvait en quittant les travaux du camp, rejoignait les premières enseignes (II-22). Par ailleurs, la nature du terrain et la pente de la colline contraignent les troupes romaines à obéir aux circonstances plutôt qu’aux règles de la tactique et des formations usuelles (II-22, les Romains n’ont pas choisi le lieu de la bataille). De la même façon, il se peut qu’à cause aussi de la configuration du terrain, le camp n’ait pas été construit selon les normes ordinaire de l’art militaire romain : c’est pourquoi nous l’avons placé derrière la ligne de crête, et situé sa face arrière (porte decumana) en position plus basse que la face avant. Ainsi César distingue - d’une part, le sommet du camp ou le point le plus élevé du camp : summum castrorum (II-23), c’est-à-dire la porte avant (pretoria), face à l’ennemi, et par laquelle les Gaulois pénètrent dans le camp et l’envahissent ; - et d’autre part, le sommet de la colline : summo jugo (II-24) ou summo colle (II-26), c’est-à-dire la ligne de crête dont nous parlons, en avant du camp romain. Au sujet de ces deux dernières citations, un argument est apporté par l’épisode des valets de l’armée de César qui sortent par la porte arrière du camp, avancent jusqu’au sommet de la colline et arrivés là, se retournent et voient que les ennemis ont envahi le camp (II-24) : il faut donc que le sommet de la crête soit au niveau de la face antérieure du camp pour que, se retournant, les valets puissent voir l’ennemi dans le camp.

6. Enfin, nous avons déjà montré, à plusieurs reprises, que l’évocation d’une rivière très large aux berges fort élevées (II-27) appartenait au registre rhétorique (style hyperbolique) qui consiste ici à donner des proportions excessives aux difficultés que les Gaulois auraient eu à surmonter, afin de mettre davantage en valeur leur courage et leur mérite. Nulle part le récit de César ne laisse entendre que la Sabis présentait « une falaise à pic » (dixit M. Carmelez, cf. ce forum > Deux nouvelles positions en faveur de la Selle) alors qu’il est plutôt question d’une colline toute en pente douce descendant vers la rivière... De l’autre côté naissait une pente semblable (II-18 ). Nulle part le texte ne laisse supposer que les Gaulois et les Romains aient éprouvé le moindre embarras dans la traversée de la rivière, ou l’ascension de ses berges : Notre cavalerie passa la rivière, en même temps que les frondeurs et les archers, et engagea le combat avec les cavaliers ennemis qui se retiraient dans la forêt et tour à tour, reparaissant, chargeaient les nôtres (II-19) ; les Gaulois, avec une rapidité incroyable, descendirent au pas de course vers la rivière... Avec la même rapidité, ils gravirent la colline opposée (II-19) ; les deux légions se battaient sur les bords mêmes de la rivière (II-23). En aucun endroit non plus le récit ne mentionne la largeur du fleuve ni son escarpement comme obstacles naturels défensifs mis en place par l’ennemi : les difficultés proviennent plutôt des haies épineuses qui gênent la progression des troupes romaines (II-17) et le mouvement des légionnaires au combat (II-22), la bande de terrain découvert sur laquelle les Romains n’osent s’aventurer à la poursuivre des Gaulois (II-19, -23), et la forêt impénétrable dans laquelle l’ennemi est embusqué (II-18 ).

Bref, à l’analyse du texte césarien, et pour des raisons quasi-identiques, ni Bermerain ni Montrécourt ne nous semblent pouvoir être retenus comme sites probables de la bataille.

André Bigotte (2 octobre 2010)


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MessagePosté le: Mar 5 Oct - 05:58 (2010)    Sujet du message: Publicité

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